Dominique Stoppa-Lyonnet, médecin généticien, responsable du Service de Génétique de l’Institut Curie et professeur de génétique médicale à l’Université Paris Descartes

En 1994, Myriad Genetics a identifié, grâce à une batterie de séquenceurs, le premier gène de prédisposition au cancer du sein et de l’ovaire, BRCA 1. Le gène avait été localisé par Mary-Claire King en 1990 et sa cartographie finement précisée par le Breast Cancer Linkage Consortium qui réunissait un grand nombre de laboratoires académiques. Dès 1998, Myriad Genetics avait anticipé l’obtention de brevets européens et revendiquait le monopole de la réalisation des tests BRCA 1. L’envoi des prélèvements à Salt Lake City, un coût annoncé exorbitant et surtout une technique d’identification de mutation défaillante a conduit l’Institut Curie, l’Institut Gustave Roussy et l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, suivis par plusieurs sociétés de génétique européennes, à s’opposer à ces brevets auprès de l’Office européen des brevets (OE B). Nous verrons les éléments qui ont conduit l’OE B à révoquer ces brevets et présenterons les conclusions de la procédure d’appel. Nous évoquerons l’introduction dans la loi de bioéthique de 2004 des licences d’office appliquées aux tests biologiques. Enfin, nous verrons le mouvement d’opposition aux brevets sur les gènes aux États-Unis, mouvement suscité par le monopole de Myriad Genetics aux États-Unis. Cassier & Stoppa-Lyonnet. L’opposition contre les brevets de Myriad Genetics et leur révocation totale ou partielle en Europe : Premiers enseignements. Médecine/sciences 2005 ; 21 : 658-62. Cassier & Stoppa-Lyonnet. Un juge fédéral et le gouvernement des États-Unis interviennent contre la brevetabilité des gènes. Médecine/sciences 2011, 27 : 662-6.

Dominique Stoppa-Lyonnet est responsable du Service de Génétique de l’Institut Curie, rattachée à l’unité Inserm U830, et professeur de génétique médicale à l’Université Paris Descartes. Elle est impliquée dans de nombreux comités et groupes de travail :

  • Membre fondateur du Groupe génétique et cancer d’UNICANCER
  • Membre du Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé, depuis 2005
  • Membre du Comité scientifique et médical de l’agence de la biomédecine, depuis 2005
  • Membre du board Oncogénétique de l’Institut national du cancer, depuis 2005
  • Groupe de travail du Conseil d’État sur la révision des lois de bioéthique, de mai 2008 à février 2009
  • Membre du steering committee de groupe ENIGMA (Evidence-based Network for the Interpretation of Germline Mutant Alleles), depuis octobre 2009.